ONU FEMMES | Le pouvoir politique mondial reste dominé par les hommes

Partout dans le monde, les femmes restent largement sous-représentées dans les instances dirigeantes politiques et les décisions les plus importantes sont encore prises en grande majorité par des hommes. Selon les dernières données publiées par l’UIP et ONU Femmes, 28 pays seulement sont dirigés par une femme cheffe d’État ou de gouvernement en 2026, et 101 pays n’ont jamais eu de femme à leur tête. 

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La carte « Femmes en politique 2026 » de l’UIP et d’ONU Femmes a été dévoilée lors d’un événement organisé dans le cadre de la CSW70, le 11 mars 2026. Photo : ONU Femmes/Ryan Brown

Les dernières données de l’UIP et d’ONU Femmes montrent que l’égalité politique reste lointaine : les femmes occupent 22,4 % des postes ministériels et 27,5 % des sièges parlementaires.

Partout dans le monde, les femmes restent largement sous-représentées dans les instances dirigeantes politiques et les décisions les plus importantes sont encore prises en grande majorité par des hommes. Selon les dernières données publiées par l’UIP et ONU Femmes, 28 pays seulement sont dirigés par une femme cheffe d’État ou de gouvernement en 2026, et 101 pays n’ont jamais eu de femme à leur tête. 

Lorsque les femmes sont exclues des instances dirigeantes, les décisions qui déterminent les priorités en matière de paix, de sécurité et d’économie sont prises sans tenir compte de l’expérience de la moitié de la population. Les nouvelles données mondiales révèlent une stagnation, voire dans certains cas un recul, du leadership politique des femmes, en particulier au sein des pouvoirs exécutifs. 

Les principales conclusions tirées des données publiées par l’UIP et ONU Femmes sont les suivantes : 

  • Les femmes occupent seulement 22,4 % des postes ministériels dans le monde, contre 23,3 % en 2024, ce qui marque un recul après des années de progrès constants. 
  • Quatorze pays ont atteint la parité entre les sexes au sein de leur gouvernement, démontrant ainsi qu’une représentation égale est possible, mais huit pays n’ont toujours aucune femme ministre. 
  • Les femmes occupent 27,5 % des sièges parlementaires à travers le monde, contre 27,2 % en 2025. Cette hausse modeste de 0,3 point de pourcentage marque la deuxième année consécutive de croissance la plus faible enregistrée depuis 2017 et vient souligner la lenteur des progrès réalisés par les femmes dans la sphère décisionnelle politique. 
  • Les femmes perdent également du terrain à la tête des parlements. En janvier 2026, 54 femmes sont présidentes de parlement, soit 19,9 % de l’ensemble des présidents de parlement. Cela représente une baisse de près de quatre points de pourcentage par rapport à l’année précédente et la première baisse du nombre de femmes présidentes depuis 21 ans.  
  • Les femmes en politique sont confrontées à une hostilité et à une intimidation croissantes de la part du public, tant en ligne que hors ligne. 76 % des femmes parlementaires interrogées déclarent avoir été victimes d’actes d’intimidation de la part du public, contre 68 % des hommes, une tendance qui dissuade les femmes de se présenter aux élections et ralentit les progrès vers l’égalité des pouvoirs politiques. 
  • Même lorsqu’elles accèdent à des postes de direction, les femmes sont souvent cantonnées à un éventail restreint de portefeuilles traditionnellement liés aux secteurs sociaux.  
  • Les femmes dirigent 90 % des ministères chargés de l’égalité des sexes et 73 % des ministères chargés des affaires familiales et de l’enfance, ce qui renforce les stéréotypes sexistes établis de longue date dans le leadership politique. Les hommes continuent de diriger presque exclusivement les ministères chargés de la défense, des affaires intérieures, de la justice, des affaires économiques, de la gouvernance, de la santé et de l’éducation. 
« À une époque marquée par une instabilité mondiale croissante, l’escalade des conflits et un recul visible des droits des femmes, le fait d’exclure les femmes du leadership politique affaiblit la capacité des sociétés à relever les défis auxquels elles sont confrontées », 

a déclaré Sima Bahous, la directrice exécutive d’ONU Femmes. 

« Les femmes apportent des perspectives et une expérience essentielles pour prendre de meilleures décisions, prévenir les conflits et construire une paix durable. Lorsque les femmes sont pleinement impliquées dans le leadership politique, les pays sont plus stables, les politiques servent plus efficacement leurs populations et les sociétés sont mieux préparées à faire face aux crises qui façonnent notre monde aujourd’hui. »
« La parité est un impératif moral, car les femmes ont, tout autant que les hommes, le droit de participer aux décisions qui régissent leur vie. Mais c’est aussi une question de bon sens. Les institutions prennent de meilleures décisions lorsqu’elles reflètent les sociétés qu’elles servent. Elles sont mieux à même de détecter les préjugés, d’apporter des réponses plus équitables et de gagner la confiance du public lorsque des femmes de tous horizons sont présentes et influentes à tous les niveaux », 

a déclaré la présidente de l’UIP, Tulia Ackson. 

« L’UIP n’a eu de cesse de prouver que des quotas bien conçus et une volonté politique forte sont essentiels pour accélérer le changement et garantir que la voix des femmes soit entendue dans la prise de décision démocratique. Dans le même temps, les hommes et les femmes doivent travailler ensemble en tant que partenaires égaux pour transformer la culture politique, combattre les stéréotypes et construire des parlements inclusifs qui incarnent les personnes qu’ils représentent », 

a indiqué le secrétaire général de l’UIP, Martin Chungong. 

Malgré la lenteur des changements, les femmes du monde entier continuent de repousser les limites et d’affirmer leur place dans la vie politique. Il sera essentiel, pour garantir l’égalité des sexes dans le leadership politique dans les années à venir, de supprimer les obstacles structurels, notamment les lois discriminatoires, la violence à l’égard des femmes en politique et les inégalités d’accès aux ressources, ainsi que de remettre en question les normes sociales négatives. 

Cette année, la 70e session de la Commission de la condition de la femme – la plus haute instance intergouvernementale des Nations Unies qui établit les normes mondiales en faveur des droits des femmes et de l’égalité des sexes – représente une occasion unique d’inverser le recul des droits des femmes. L’avenir de la démocratie sera plus solide, plus équitable et plus résilient lorsque les femmes seront représentées sur un pied d’égalité dans la prise de décision à tous les niveaux. 


Sources : ONU FEMMES

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